7 mai – Journée internationale de la masturbation : le plaisir féminin enfin libéré ?

À l’occasion de la Journée internationale de la masturbation, il est temps de braquer les projecteurs sur un sujet encore trop souvent entouré de silence : le plaisir féminin en solo. Pendant des siècles, la masturbation féminine a été ignorée, stigmatisée, parfois même réprimée violemment. Ce simple geste d’exploration de soi, naturel et bénéfique, a été réduit au silence dans les discours médicaux, religieux et culturels.

Aujourd’hui, les choses changent. Grâce aux mouvements féministes, à une meilleure éducation sexuelle et à la libération de la parole sur le corps des femmes, de plus en plus de voix s’élèvent pour revendiquer ce droit fondamental : celui de se connaître, de se faire du bien, et de jouir sans honte.

Une révolution intime encore en marche

La masturbation féminine, longtemps ignorée, réprimée ou considérée comme honteuse, est aujourd’hui au cœur d’un mouvement de réappropriation du corps et du plaisir. Pourtant, ce simple acte de découverte de soi a coûté cher à des générations de femmes.

Une histoire de contrôle et de répression

Pendant des siècles, le plaisir féminin a été nié, voire criminalisé. La masturbation féminine était non seulement taboue, mais aussi médicalisée, pathologisée, punie.

Diagnostiquée comme maladie

Au XIXᵉ siècle, l’auto-érotisme féminin était associé à des troubles mentaux comme l’hystérie. Des traitements violents (douches froides, clitoridectomies, internements) étaient pratiqués sur des femmes jugées « dévoyées ».

Punie socialement

Dans certaines cultures et époques, une femme surprise à se masturber pouvait être battue, humiliée publiquement, voire ostracisée. Le corps féminin devait rester passif, destiné au plaisir masculin uniquement.

Aujourd’hui : vers une réappropriation du plaisir

Depuis les années 1970, les mouvements féministes ont peu à peu brisé le silence autour de la sexualité féminine.

Une progression notable

Une étude de 2023 révèle que 72,9 % des femmes se masturbaient, contre seulement 14 % en 2021. Un chiffre révélateur d’une nouvelle génération plus connectée à son corps, aidée par :

  • L’éducation sexuelle inclusive
  • Les contenus féministes et sex-positifs
  • Les sexologues et influenceuses qui parlent librement de désir et de jouissance

Le savoir au service de l’émancipation

Connaître son corps, c’est reprendre du pouvoir. La masturbation permet aux femmes de :

  • Découvrir ce qui leur fait du bien
  • Développer leur autonomie sexuelle
  • Oser dialoguer avec leur(s) partenaire(s)

Plaisir solo = soin de soi

La masturbation n’est pas un « remplaçant » de la sexualité en couple. C’est un acte intime, libérateur, qui contribue à :

  • Diminuer le stress et l’anxiété
  • Soulager les douleurs menstruelles
  • Améliorer l’humeur et le sommeil
  • Renforcer l’image corporelle et l’estime de soi
  • Favoriser l’orgasme et le désir sexuel

Les tabous persistent

Malgré les avancées, beaucoup de femmes ressentent encore de la culpabilité ou de la honte à explorer leur plaisir.

  • Dans certains foyers, on n’aborde jamais le sujet
  • La pornographie dominante reste centrée sur le plaisir masculin
  • Les jouets sexuels féminins sont encore stigmatisés

Célébrer le droit au plaisir

À l’occasion de la Journée internationale de la masturbation, il est temps de revendiquer haut et fort le droit des femmes à se faire du bien, à explorer, à ressentir, sans peur ni jugement.

Le plaisir n’est pas un privilège. C’est un droit fondamental.

🔍 Pour aller plus loin :

  • Le Deuxième Sexe – Simone de Beauvoir
  • Jouir – Sarah Barmak
  • Le Clitoris n’a jamais tué personne (mais ce n’est pas faute d’avoir essayé) – Maïa Mazaurette
  • Le podcast « La Quille » : sexualité féminine sans filtre
  • Le documentaire « Plaisir féminin, une révolution silencieuse » (Arte)