C’est le 23 septembre. L’équinoxe d’automne. Le jour où la lumière et la nuit se répondent, presque à égalité.
Dehors, tout commence à se retirer. Les feuilles changent de couleur avant de tomber. Les journées raccourcissent. Il y a cette énergie particulière qui s’installe — celle qui donne envie de ralentir, de rentrer chez soi plus tôt, de dire non plus souvent que oui.
Et si je te disais que ton corps connaît déjà cette saison ? Bien avant le calendrier. Chaque mois.
Quand la nature se retire, le corps suit
Regarde autour de toi en ce moment. Les arbres commencent à lâcher leurs feuilles. La lumière baisse, doucement mais sûrement. Tout se prépare, tout se resserre, tout se recentre.
L’automne, c’est la saison du repli.
Et ce mouvement extérieur, je le retrouve exactement à l’intérieur de moi — à un autre rythme, plus discret, mais tout aussi puissant. Celui de mon cycle.
Parce qu’au cœur de chaque cycle menstruel, il existe une phase qui ressemble étrangement à l’automne. Une phase de retrait, d’introspection, de tri.
C’est la phase prémenstruelle.
La phase prémenstruelle, ce moment où tout se resserre
Je me souviens du jour où j’ai vraiment compris ça. J’observais mon énergie depuis quelques mois, et j’ai remarqué ce même schéma qui revenait, cycle après cycle : une baisse. Un moment où j’avais moins envie de sortir, plus envie de vérité, moins de patience pour ce qui ne comptait pas vraiment.
C’était toujours quelques jours avant mes règles.
Ce n’est pas un hasard. Biologiquement, c’est le moment où la progestérone chute et où les œstrogènes redescendent. Mais ça va bien au-delà de l’hormonal — c’est aussi le moment où ton énergie se retourne vers l’intérieur.
À cette période, beaucoup de femmes ressentent :
- Un besoin de calme, presque vital
- Une lucidité qui ne fait plus de compromis
- Une sensibilité plus vive, à fleur de peau
- Une envie de trier, de terminer, de faire le vide
- Une fatigue différente, plus profonde
Ton corps t’envoie aussi des signes physiques très concrets : seins sensibles, ballonnements, sommeil qui change. Comme si tout en toi disait : ralentis, regarde en dedans.
Si ces symptômes prennent le dessus sur ton quotidien, rappelle-toi que l’inconfort fait partie du cycle, mais pas la souffrance : je t’explique où se situe cette limite et comment mieux la vivre dans cet article sur le SPM
L’automne de ton cycle, l’automne du monde
Ce qui me touche dans ce parallèle, c’est à quel point il est juste.
L’automne extérieur t’invite à te recentrer, à faire le tri, à te préparer à l’intérieur avant l’hiver. L’automne intérieur — ta phase prémenstruelle — t’invite exactement à la même chose, mais depuis ton corps.
Les deux se répondent. Et quand on apprend à les écouter ensemble, quelque chose de précieux se passe : on arrête de se juger pour cette baisse d’énergie, et on commence à l’accueillir comme une information.
Comment vivre cette phase pleinement (sans se juger)
Si tu sens que tu es dans cette période de ton cycle — ou si l’automne tout court te donne cette énergie — voici ce que je t’invite à explorer :
Dis non plus facilement. Cette lucidité que tu ressens est précieuse pour repérer ce qui ne te convient plus.
Fais le tri. Dans ton emploi du temps, tes relations, tes projets. C’est le moment où voir clair devient plus naturel.
Protège ton énergie. Réduis les sollicitations, les engagements sociaux, tout ce qui te demande de te déployer vers l’extérieur.
Ralentis, écoute, repose-toi. Le corps demande moins de mouvement et plus de silence. Ce n’est pas de la paresse, c’est une phase.
Mais — et c’est important — cette lucidité peut aussi t’amener à te durcir.
Quand on voit tout plus clairement, on a tendance à… tout dire, tout trancher, parfois trop vite. Et on finit épuisée, avec des relations qu’on a abîmées par excès de franchise.
Voir clair, ce n’est pas tout démolir. C’est trier depuis un endroit posé.
Et toi, comment vis-tu ton automne intérieur ?
Avant de refermer cet article, je t’invite à prendre un instant. Vraiment.
Pose-toi ces trois questions :
Comment je me sens dans cette phase de mon cycle, là, maintenant ?
Est-ce que je m’autorise à ralentir, ou est-ce que je continue par habitude ?
Qu’est-ce que je dois vraiment trier en ce moment… et qu’est-ce que je peux laisser reposer ?
Il n’y a pas de bonne réponse. Juste une invitation à observer.
Une saison à vivre en conscience
L’automne — celui du calendrier comme celui de ton cycle — est un moment de retrait, de lucidité, de tri. Mais il devient encore plus puissant quand on le vit en conscience, avec son propre rythme, sans se forcer à rester dans l’élan de l’été.
Alors cet automne, je te souhaite de ralentir. Pleinement. Sans culpabilité — et depuis un endroit qui te respecte.